Le retour de la petite reine

 Article rédigé par Pierre Mérieux

Sortie usine Calor - Source : Le Progrès 

La Loi d’Orientation sur la Mobilité, initialement prévue pour le premier semestre 2018, est actuellement en négociation pour une parution vers la fin de l’année.

Parmi les multiples thématiques abordées, la ministre des transports – Elisabeth Borne – a introduit le plan vélo visant 9 % des déplacements urbains à l’horizon 2024 avec la petite reine contre trois actuellement.

Le partage de la voie publique pour remettre ce mode de déplacement en selle est cependant semé d’embuches avec la domination des véhicules motorisés. Au-delà des incitations financières (forfait mobilité durable) et d’une culture vélo (formation des élèves), la mise en œuvre du plan implique une réflexion sur les infrastructures, les services et l’extension incontournable aux autres engins de déplacement personnel (trottinette, monoroue, gyropode, hoverboard) qui ont conquis des millions de personnes.

Les infrastructures

Le fonds créé par l’Etat (350 millions d’euros sur 7 ans) vise à financer les infrastructures. En priorité le gouvernement souhaite développer des pistes cyclables, et notamment, aménager des ponts et des tunnels au niveau des rocades ou des échangeurs pour assurer la continuité du réseau. Comme le souligne le premier ministre – Edouard Philippe – « chacun doit pouvoir prendre un vélo, sans avoir le sentiment de se mettre en danger ».

Dans le souci de prendre en compte l’écologie dans toutes ses dimensions, l’examen du tracé et du traitement des points sensibles doit intégrer la qualité de l’air. Dans la mesure du possible, on tentera de créer une séparation physique avec les automobiles, soit par des pistes éloignées des chaussées, soit en intercalant des végétaux qui permettent d’atténuer la pollution directe. Pour illustrer ce propos, il est intéressant d’examiner le réaménagement de la rue Garibaldi à Lyon qui a clairement distingué les voies réservées aux transports en commun, la voie routière, la piste cyclable et le cheminement piétonnier.

Un autre aspect à ne pas négliger porte sur l’entretien des pistes cyclables. Il convient  prévoir un nettoyage très régulier des circulations. Les habitués critiquent sévèrement l’état, malheureusement constaté, d’une dégradation rapide de la bande roulante par les gravillons projetés par les véhicules motorisés.
 

Réaménagement de la rue Garibaldi - Source Lyon Part-Dieu

Le stationnement et les services

On assiste à un réel développement des vélos en libre-service sans station (free-floating). Si l’idée est séduisante, la question du stationnement n’est pas à sous-estimer par l’encombrement des trottoirs, voire même d’espaces privés ouverts. Les conséquences peuvent être fâcheuses, créant parfois des entraves à la déambulation des piétons et des personnes à mobilité réduite. Simultanément à la réalisation des pistes cyclables, on invite les concepteurs à réaliser des aires de stationnement.

Outre la sécurisation des cycles, ces lieux peuvent offrir des services, tels que des bornes de recharge pour les vélos à assistance électrique ou encore des blocs de consigne et des toilettes, voire même des douches. En allant encore plus loin, le site peut accueillir des distributeurs de produits de première nécessité et, pourquoi pas, de la restauration. 

Stationnement Halles Bocuse

L’extension aux nouveaux modes de déplacement

Comme on le soulignait dans l’introduction, la ville de demain disposera d’une trentaine de modes de déplacement dont des engins voisins du vélo. Il convient d’anticiper ces évolutions comme l’illustre l’iconographie de la FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette).